page d'accueil | actualité | archives | portraits | Bretagne à Paris | musique | actualité du disque | livres | revues | expositions | plan du site |

Portraits 

Ce texte a fait l'objet d'une parution dans le n° 3 de la revue Bretagne Magazine

    Marie-Claire Gentric n'a pas le vertige. A quatre mille mètres d'altitude,
    au cœur de l'Himalaya, elle a fait de la région du Dolpo, une enclave de culture tibétaine, sa seconde patrie.

Marie-Claire Gentric
lors d'un de ses voyages au Dolpo.

En 1992, Marie-Claire arpente le pays des Dolpo-pa, longtemps interdit aux étrangers, quasi inaccessible tant les sentiers qui y mènent, dans un paysage grandiose, sont vertigineux.

Après 72 jours de marche à travers le Népal, elle est bouleversée par le majesté des lieux, séduite et émue par la simplicité et la joie de vivre des habitants. «Lorsque je suis repartie, des mois plus tard, dit-elle, j'avais l'impression de quitter ma famille.» Depuis ses dix-sept ans la Plozevétienne n'a cessé de courir le monde, sac au dos. Nostalgie du premier matin du monde ou rêve secret d'une petite Bigoudène qui, durant son enfance, a connu l'indigence? «Ce qui m'a sans doute permis d'affronter des conditions précaires», affirme-t-elle, en plissant ses yeux bridés, «comme si une tribu de Mongols avait envahi la pointe du Finistère.»

C'est effectivement l'Asie qui attire cette femme habitée par une quête intérieure. «Nous sommes tous en marche vers quelque chose, sur un chemin que nous n'avons pas choisi.»A-t-elle trouvé son eldorado? «J'aspire à retrouver une innocence, en dehors du temps. A l'époque j'étais à la recherche des dernières zones libres de culture tibétaine. Le Dolpo reste une de celles-là.»

 

     De retour en France, elle décide de mobiliser les consciences en faveur de ses protégés. A travers l'association Action Dolpo, qu'elle préside bénévolement et à plein temps, elle développe des actions concrètes préservant avant tout la culture.«J'ai parlé le breton avant le français. Je reste imprégnée par cette tradition. Garder ses racines permet d'être plus ouvert aux autres.» Elle se souvient des meubles bradés, en Bretagne, au nom du modernisme, et du Formica, de la langue bretonne abandonnée comme un fardeau sur le chemin du progrès. «Les Dolpo-pa, quant à eux, sont capables de sacrifier leurs richesses artisanales pour une paire de chaussures.»

 En 1994, la première école, Crystal Mountain School, ouvre ses portes. On y enseigne le népalais, l'anglais et le tibétain. Puis elle se penche sur l'aide à la santé, en espérant que, de cette initiative, sortiront des futurs médecins de culture tibétaine. Agriculture, artisanat et environnement ne sont pas oubliés. La construction d'un altiport, à quatre jours de marche, l'inquiète.

 

 

«L'ouverture vers le monde sera inévitable », mais l'important pour elle est de sauvegarder cette part de lumière qui l'a tant émue chez ce peuple fruste, mais qui a su, dans le dénuement, sauvegarder l'essentiel, la chaleur humaine, la simplicité et la sagesse.

 

Michel Rolland                  

Action Dolpo, CAF:
24, avenue Laumière,
75019 Paris. Tél.: 01.45.89.41.01
Pour en savoirplus
www.actiondolpo.com/