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  Radio Bro, 93.1, « Vinyle Breizh », 10 novembre 2001
Un entretien de Louis Capart avec Serge Tanguy et Michel Clech

Serge Tanguy : Raconte-nous tes débuts à Saint-Denis et l'atelier chanson.

    Louis Capart: Oh là là ! C'est vieux. Il est vrai que quand on a dépassé le demi-siècle le passé est plus lourd que le futur. J'ai toujours été passionné par la musique et les chansons. Avec Claude Besson et d'autres on a décidé de monter quelque chose. Il fallait gérer notre vie professionnelle et le bénévolat. Cela remonte déjà à un quart de siècle. A l'époque, j'étais fonctionnaire et je n'imaginais pas que je deviendrais professionnel.
    C'était les années 70 et l'époque des radios libres. La demande était forte. Nous nous produisions devant 100 à 200 personnes avec seulement une ou deux chansons. C'était une sorte de sprint, alors que les chanteurs ont besoin de temps pour d'installer l'ambiance.

- Parle-nous de ta chanson Marie Jeanne Gabrielle

    - Tout commence en 1927, avec la naissance de ma mère et l'arrivée en région parisienne. Le contact avec des Espagnols, des Africains. On découvre que, soi-même fils d'immigré, on n'est pas là par hasard. La misère _ et, dans le cas de l'île de Sein, on peut parler de misère _ a conduit des gens à quitter leur culture pour venir s'installer en région parisienne. Quand je revenais de mes vacances à l'île de Sein, je sentais que j'avais quelque chose de peu ordinaire. Cela je le devais à mes grands-parents. Je me suis appuyé sur le vécu de ma mère et du mien pour parler de ce petit bout de terre et j'étais en train de remplir un formulaire pour définir ma vrai carte d'identité.

 

- Comment s'est passée la transition ?

    - Ça a été rapide. J'étais pratiquement à mi-temps en tant que fonctionnaire. Au début des années 80 on n'était pas encore dans la dérive de la culture de ces vingt dernières années. Il y avait une demande de la part des radios libres et régionales. Un chanteur indépendant sans label pouvait s'en sortir.

- A quel moment es-tu parti ?

    - Ça s'est fait en plusieurs étapes. Je n'ai pas réintégré la Bretagne tout de suite. Actuellement je suis dans les Côtes-d'Armor et je pense que la fin de mon parcours sera le Finistère. J'ai quitté la région parisienne pour une étape intermédiaire qui était Vendôme. Il y avait toujours cet appel d'autre chose.
    J'ai voyagé. J'ai failli habiter dans le sud de la France, mais je ne m'y sentais pas à l'aise. J'ai vite compris que la seule chose qu'il me restait à faire était de retourner en Bretagne.

- Tu as pris le temps la réflexion ?

    - De la réflexion et du ciment.

A SUIVRE

Le dernier disque de Louis Capart, Héritage sénan, illustre avec poésie le retour de l'auteur en Bretagne...

Photo DR

Un site dédié à Louis Capart: pressibus.org/chanson/capart.louis